L'Eucharistie et la science (ii) - Lanciano

L'histoire du Miracle Eucharistique de Lanciano aux Abruzzes en Italie concerne un moine grec de rite oriental vivant au VIIIème siècle qui est supposé avoir vu le pain se transformer en chair et le vin en sang au moment de la consécration eucharistique. La première ratification officielle par l'Eglise des reliques conservées à Lanciano (une hostie et cinq caillots de sang) eut lieu en 1574, suivie par d'autres Reconnaissances en 1637, 1770, 1866 et 1970. Nous présentons les détails de l'enquête de 1970 menée par le Dr Edoardo Linoli et le Pr Ruggero Bertelli.

L'examen scientifique


En novembre 1970, sur les instances de l'archevêque de Lanciano, Monseigneur Perantoni et du ministre provincial des Conventuels des Abruzzes et avec l'autorisation de Rome, les Franciscains de Lanciano décidèrent de soumettre à un examen scientifique ces "reliques" qui dataient d'environ 12 siècles. C'était certainement un défi : mais ni la foi catholique (qui n'entrait pas en jeu), ni la tradition historique n'avaient certainement rien à craindre de la science car chacune restait dans son propre domaine.

La tâche fut confiée au docteur Edoardo Linoli, chef de service à l'hôpital d'Arezzo et professeur d'anatomie, d'histologie, de chimie et de microscopie clinique, assisté par le prof. Ruggero Bertelli de l'Université de Sienne. Le 18 novembre 1970, le docteur Linoli effectua des prélèvements sur les reliques sacrées et procéda aux analyses en laboratoire.

Le 4 mars 1971, le professeur présenta un compte-rendu détaillé des diverses études effectuées. En voici les conclusions essentielles:

1.  La "chair miraculeuse" est vraiment chair constituée du tissu musculaire strié du myocarde.
2. Le "sang miraculeux" est vrai sang: les analyses chromatographiques le démontrent avec certitude absolue et indiscutable.
3. L'étude immunologique démontre que la chair et le sang sont vraiment de nature humaine et la preuve immuno-hématologique permet d'affirmer avec toute objectivité et certitude que tous deux appartiennent au même groupe sanguin AB. Cette identité du groupe sanguin peut indiquer l'appartenance de la chair et du sang à la même personne, avec toutefois la possibilité de l'appartenance à deux individus différents du même groupe sanguin.
4. Les protéines contenues dans le sang sont normalement réparties dans un pourcentage identique à celui du schéma sérum-protéique du sang frais normal.
5. Aucune section histologique n'a révélé des traces d'infiltrations de sels ou de substances conservatrices utilisées dans l'antiquité à des fins de momification. Naturellement, la conservation de protéines et de minéraux observés dans la chair et dans le sang de Lanciano n'est pas impossible ni exceptionnelle : les analyses répétées ont permis de trouver des protéines dans les momies égyptiennes de 4 et de 5000 ans. Mais il est opportun de souligner que le cas d'un corps momifié selon les procédés connus est très différent de celui d'un fragment du myocarde laissé à l'état naturel pendant des siècles, exposé aux agents physiques atmosphériques et biochimiques.

Le prof. Linoli écarte même l'hypothèse d'une imposture commisedans les siècles passés. "En fait, dit-il, supposant qu'ont ait prélevé le coeur d'un cadavre, j'affirme que seulement une main experte en dissection anatomique aurait pu obtenir une "coupe" uniforme d'une viscère creuse (comme on peut encore l'entrevoir sur la "chair") et tangentielle à la superficie de cette viscère, comme le démontre le cours longitudinal, de façon prédominante, des bandes des fibres musculaires, visibles en plusieurs points dans les préparations histologiques. En outre, si le sang avait été prélevé sur un cadavre, il se serait rapidement altéré par déliquescence ou putréfaction."

Nouvel examen scienfique


Le rapport du prof. Linoli fut publié dans "Quaderni Sclavo in Diagnostica", 1971, fasc. 3 (Grafiche Meini, Siena) et suscita un vif intérêtdans le monde scientifique. Aussi en 1973, le Conseil Supérieur de l'Organisation mondiale de la Santé O.M.S./O.N.U. nomma une commission scientifique pour vérifier, selon des expériences de contrôle, les conclusions du médecin italien. Les travaux durèrent 15 mois avec un total de 500 examens. Les recherches furent les mêmes que celles effectuées par le prof. Linoli, avec d'autres compléments. La conclusion de toutes les réactions et de toutes les recherches confirmèrent ce qui avait déjà été déclaré et publié en Italie.

De manière précise, il fut affirmé que les fragments prélevés à Lanciano ne pouvaient pas être assimilés à des tissus momifiés. Leur conservation après presque douze siècles, dans des reliquaires de verre et en l'absence de substances conservatives, antiseptiques, antifermentatives et momificantes, n'est pas scientifiquement expliquable : en fait les vases qui renferment ces reliques n'empêchent pas l'accès de l'air et de la lumière ni l'entrée de parasites d'ordre végétal ou animal, véhicules ordinaires de l'air atmosphérique. Quant à la nature du fragment de chair, la commission déclare sans hésitation qu'il s'agit d'un tissu vivant car il répond rapidement à toutes les réactions cliniques propres aux êtres vivants.

Ce verdict confirme donc pleinement les conclusions du prof. Linoli. Il n'est pas moins surprenant de constater qu'un miracle italien du haut Moyen Âge ait intéressé à ce point l'OMS et les Nations Unies! Mais voilà une autre surprise, l'extrait du compte-rendu des travaux scientifiques de la Commission Médicale de l'OMS et de l'ONU, publié en décembre 1976 à New-York et à Genève, déclare dans sa conclusion que la science, consciente de ses limites, se rend devant l'impossibilité de donner une explication. Le dernier paragraphe n'est certainement pas une déclaration de foi religieuse mais c'est au moins l'apologie de l'humilité que doit posséder celui qui se dévoue à la recherche scientifique. Le scientifique, à un certain moment de ses investigations, doit se rappeler qu'il n'est rien d'autre qu'un homme sur la planète terre.

Quelques illustrations afin de mieux expliquer les examens scientifiques exécutés

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Fig. 1 - (Eosina x 200). Aspect histologique général d'un échantillon de laChair, avec fibres récoltées en faisceaux de façon longitudinale, comme dans les couches superficielles externes du coeur.

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Fig. 2 - le Coeur du Miracle de lanciano (Mallory x 250). Une artère et, très près, une ramification du nerf vagal.

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Fig. 3 - Le Coeur du Miracle de Lanciano (Mallory x 400). On peut voir l'aspect classique "rêche" de l'endocarde; la structure syncytiale du tissu du myocarde.

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Fig. 4 - (x 80). Au-dessus : Test d'hémagglutination effectué sur un échantillon de Sang de Lanciano : à gauche sérum anti-A; à droite, sérum anti-B. Au-dessous : Test d'hémagglutination effectué sur un échantillon de la Chair de Lanciano : à gauche, sérum anti-A; à droite, sérum anti-B. Il apparaît ainsi que la Chair et le Sang de Lanciano appartiennent au groupe sanguin AB.

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Fig. 5 - Tracé d'électrophorèse des protéines du Sang.

Le profil des fractions protéiques du sérum est superposable à celui d'un échantillon de sang frais. 


Source: http://www.miracoloeucaristico.eu/francese/miracolo.php